Boursorama le 21/04/2007 06h00
Patrick Fornas (PDG d'Easydentic): « Dans deux ans, l'activité et la rentabilité exploseront ! »
Le groupe Easydentic, spécialiste de la sécurité des PME (biométrie et visio mobilité), enregistre des résultats en flèche. Et le meilleur resterait à venir selon son PDG, Patrick Fornas. A la phase de conquête de marchés - 10 000 clients supplémentaires en 2007 - Patrick Fornas anticipe un effet boule de neige d'ici à deux ans.

Easydentic est une jeune société en pleine croissance. Le chiffre d'affaire a marqué une progression de 149% à 37,25 millions d'euros et l'EBITDA de 1 516% à 4,1 millions d'euros. Quelles sont les clés de ce succès ?

Patrick Fornas : Notre société offre deux métiers : le contrôle d'accès biométrique et la visio mobilité (réception d'image des caméras de surveillance sur un téléphone portable). Depuis sa création, il y a trois ans, la société a étendu un maillage européen sur neuf pays. Nous commençons à récolter les fruits de notre « agressivité » commerciale. 2006 a vu la poursuite de notre fort développement européen avec l'ouverture de nouvelles filiales et l'arrivée à maturité des premières filiales ouvertes en 2005 en Belgique et en Allemagne.

Attendez-vous une croissance aussi forte sur les marchés étrangers ?

P. F : L'âge moyen de nos filiales s'échelonne entre 3 mois et 3 ans. On mesure le chemin qu'elles ont encore à parcourir. Nos filiales irlandaises ou anglaises rencontrent un véritable succès et ont un très fort potentiel pour 2007/08. Si nous réussissons à dupliquer le modèle français qui est notre structure la plus ancienne et la plus performante, aux filiales étrangères, nous devrions connaître une réussite comparable. Les caractéristiques de marchés des PME/PMI (coeur de notre offre) sont les mêmes et la concurrence quasi inexistante. Nous pensons que nous avons de nombreuses opportunités pour 2007/08 pour continuer à surperformer.

Les résultats du premier trimestre vous confortent-ils dans cette perspective ?

P. F : Au premier trimestre 2007, nous avons réalisé 15,6 millions d'euros de chiffre d'affaires en croissance de 113% par rapport au premier trimestre 2006. Cette performance est déjà supérieure aux 80 % de croissance annoncés sur l'année. L'international représente déjà 43% de l'activité contre 35% pour l'ensemble de l'exercice 2006. Nous visons une participation de l'international dépassant 50% du chiffre d'affaires en 2007. Notre business d'acquisition sur l'Europe et nos trois réseaux commerciaux nous offrent une multitude de moteurs. Nous pouvons relever régulièrement nos prévisions de chiffre d'affaires et de rentabilité et surprendre positivement le marché tout en ayant une approche conservatrice sur l'annonce de nos résultats : 68 millions de chiffre d'affaires pour 2007.

Votre croissance ne dépend t-elle pas essentiellement de l'absence de concurrence ?

P. F : En effet, compte tenu de la faiblesse de la concurrence, nous pouvons réussir avec de belles marges. Mais ce positionnement est également difficile. Sur un marché presque vierge, c'est à nous de fixer la norme et les objectifs. Notre réussite dépend de la qualité de nos équipes. La création de notre réseau européen nous est alors très profitable. Quand nous démarrons sur un pays, nous avons déjà des comparables : les tarifications, les rémunérations des managers et les objectifs sont calqués sur le même modèle de développement.

Cette phase de conquête et de surperformance est-elle durable ?

P. F : Elle va s'amplifier ! Nous ne croyons pas qu'à la phase de croissance va succéder la stagnation. Aujourd'hui, nous avons 20 000 clients, nous en escomptons 30 000 à la fin de l'année pour un potentiel de 20 millions d'entreprises, cela donne une idée du chemin à parcourir. En 2008, nous allons commencer à reconduire les contrats signés ces dernières années. A partir de ce moment, notre modèle va changer et notre niveau de rentabilité va exploser. Les résultats que nous affichons aujourd'hui seront sans commune mesure avec ceux dans deux ou trois ans. Nous bénéficierons toujours de la conquête de nouvelles cibles et d'une manne de reconduction des contrats qui amènera une récurrence du chiffre d'affaires et un niveau de marge nette très importants. Nous tablons pour 2009 sur un EBITDA proche de 20% contre 15% sur 2007 et 11% cette année.

Quand la société versera-t-elle des dividendes ?

P. F : Il a été clairement entendu avec les actionnaires qu'il était hors de question de verser des dividendes pendant cette phase de conquête. Cela pourrait appauvrir l'entreprise. Dès lors que nous amorcerons la reconduction des contrats, nous allons profiter d'un niveau élevé de trésorerie et d'EBITDA. Ce qui nous permettra nous permettra d'adopter, en 2009, une politique de distribution de dividendes tout en préservant les capacités de développement de l'entreprise.

Quand sera réalisé le passage d'Easydentic du marché libre à Alternext ?

P. F : Très prochainement. Le conseil d'administration a approuvé le basculement de la société sur Alternext. Dans les mois qui viennent, les actionnaires bénéficieront de la cotation en continue.

Propos recueillis par Thibaud Vadjoux